Halloween H20/Resurrection : croquemitaine à en perdre la tête

Du temps de la sortie d’Halloween 20 après, personne ne soupçonne l’idée qu’il y aura une suite, bien que la production avait déjà prémédité la suite des événements en tournant dès 1998 des séquences qui serviraient au prochain métrage, même sans scénario préalable. À l’annonce d’un huitième chapitre, on osa envisager un nouveau tueur en guise de copycat, un opus alternatif façon Halloween III, ou un nouveau film faisant l’impasse sur l’événement final « gênant », faisant de cette décapitation un rêve, voire en oubliant tout simplement le film entier et revenant faire suite à Halloween 6, lui-même ignoré au profit d’H20.

Dernière confrontation entre Laurie Strode et Michael Myers ?

De prime abord, il est évident qu’Halloween Resurrection n’avait aucune raison de se faire. Halloween 20 ans après clôturait la série de la façon la plus efficace qui soit. Bien entendu, après deux opus financièrement décevants, lorsqu’un film de la saga rapporte 55 millions de dollars pour un investissement de 15 millions, que l’engouement du public est au sommet, et que la mode du néo-slasher promet encore un sursit au genre, il est était indéniable que les producteurs ne tenaient pas à s’arrêter là. Dès 1999, la production du nouvel Halloween se met en place, à la recherche d’une idée de trame pour prolonger les méfaits de Michael Myers, surfant sur le subterfuge mis en place par Kevin Williamson. En effet, le scénariste de Scream avait établi les bases du script d’Halloween 20 ans après, et rappelé par la production pour trouver une alternative au dilemme de Jamie Lee Curtis au sujet du final du film.

« Rendez-vous en enfer » où les adieux de Jamie Lee Curtis à son bourreau de frère

L’implication de Jamie Lee Curtis dans H20 reposait essentiellement sur son souhait d’apporter à la saga un épilogue dantesque. Toutefois, le producteur Moustapha Akkad souligna tardivement durant la production du film le fait que les lignes du contrat indiquent expressément que Michael Myers ne peut pas mourir dans le film. Jamie Lee Curtis reviendra elle-même sur ce point houleux par la suite : « Il y avait cette fameuse phrase dans le contrat, qu’on ne peut tuer le croquemitaine. Ils ne m’en avaient jamais parlé. Je leur ai pourtant dit que tout le film reposait sur le fait que je lui tranchais la tête à la fin, pour qu’il n’y ait aucune possibilité pour lui de revenir après. Je voulais boucler la boucle. Pas refaire le coup au public qui allait encore hurler ‘Pourquoi tu as lâché le couteau avant d’être sûre qu’il est mort ?!’, ce à quoi on est venu m’apporter une solution alternative « . Kevin Williamson proposa que le personnage de Laurie Strode et le public penseront à la vue des événements que le tueur sera bel et bien éliminé… avant le film suivant. Jamie Lee Curtis donna son accord, à la condition que le terme de contrat qui l’obligeait à un caméo dans la suite lui permettrait de disparaître une bonne fois pour toutes. Halloween 8 s’ouvrait donc sur ce qui allait être le grand final de Laurie Strode. Et pourtant, malgré les images, on ne peut s’empêcher de penser que la mise en scène de cette mort garde en réserve l’occasion de faire revenir le personnage par la suite…

Le tueur de Final Scream vient à la surprise générale mettre des bâtons dans les roues de Myers

Autre fait troublant, la différence notable des propos tenus par Jamie Lee Curtis lors de la promotion du film, et quelques années plus tard, libérée de son contrat avec Dimension. En 2002, à la sortie du film, elle dépeint son expérience avec nostalgie et attention, non sans un regard sur l’actualité post-attentats du 11 septembre : « Je suis fière d’avoir créé un personnage aussi important et endurant dans un film d’horreur. Et lorsque j’ai appris que Michael Myers n’était finalement pas mort, j’ai du faire mon retour dans Resurrection. Et je trouve vraiment intéressante l’idée que la seule chose dont il faut avoir peur est la peur elle-même. C’est pour ça que je voulais amener Laurie à un moment où elle pouvait regarder Michael dans les yeux et lui dire ´Tu as perdu parce que je n’ai plus peur de toi. Vis, meurs, peu importe, ça n’a plus d’importance parce que ce qui compte c’est que ton règne de terreur est terminé. Tu n’es plus rien. Pathétique. Tu n’impressionnes plus personne parce que je n’ai plus peur de toi’.  » Un parallèle où Myers représente le terrorisme et Laurie le peuple qui se bat sans peur. Le film devait d’ailleurs initialement sortir le 20 septembre 2001, avant d’être repoussé au 12 juillet de l’année suivante, mais pour d’autres raisons encore que l’attaque terroriste. Ce sont en effet de trop grosses ressemblances entre Resurrection et une minuscule production tournée pour le cable qui obligea l’équipe technique à revoir certains éléments de sa mise en scène. Le film en question n’est autre que Final Scream (Final Stab en VO), réalisé par David Decoteau, présentant un tueur méthodique sévissant dans une demeure américaine lors d’une murder party. Un film somme toute très moyen qui donna malgré tout beaucoup de fil à retordre à Dimension pour ne pas être accusé de plagiât. Final Scream précédant de peu Resurrection sur le terrain de la mise en scène factice, l’un au profit de cette soirée de revanche, l’autre pour les besoins d’une émission de télé-réalité retransmise sur internet.

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(sources : zeshapehalloween, weminoredinfilm, devildead)

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