Halloween Kills mis au pilori de la guerre Universal / AMC

Un conflit sans précédent oppose aujourd’hui le studio Universal et la chaîne de salles de cinéma AMC. La raison du litige se trouve dans la solution qu’a tenté Universal pour contrer la fermeture soudaine des cinémas suite à la pandémie du Covid-19. Le calendrier des sorties s’est vu chamboulé de façon drastique, et le studio a dès lors essayé de se tourner vers d’autres moyens de diffusion. La vidéo à la demande semblait être la meilleure solution, mais les propos justifiant ce choix se sont accompagnés de réactions très envenimées. L’origine de ce litige, c’est le sort des Trolls 2 : tournée mondiale qu’Universal a délivré sur les plateformes de VOD plutôt que d’en reporter sans date la sortie ciné. Proposé en location à 19,99$ pour 48h, ce film d’animation réalisé par Walt Dohrn a récolté plus de 100 millions de dollars sur le seul sol américain en trois semaines. Un résultat exceptionnel, sans doute motivé par l’état de confinement des acheteurs, qui n’a pas grand chose à envier au premier opus qui avait généré 153 millions au box-office en 6 semaines d’exploitation dans plus de 2700 salles. Pour expliquer ce succès, le PDG d’Universal, Jack Shell, a déclaré dans Wall Street Journal : « Les résultats des Trolls 2 ont dépassé nos espérances et démontré que le modèle VOD Premium était viable. Dès que les salles rouvriront, nous prévoyons de sortir les films sur les deux formats ». Des propos qui ont fortement déplu à la chaîne AMC, dont le président Adam Aron s’est exprimé à son tour sur ce qu’il estimait être un tournant de la part d’Universal : « Ce changement radical [décidé] par Universal dans le modèle commercial qui existe entre nos deux sociétés ne représente que des inconvénients pour nous, et c’est catégoriquement inacceptable pour AMC Entertainment, dont les complexes de cinéma sont les plus nombreux dans le monde. À l’avenir, AMC n’accordera aucune licence d’exploitation aux films d’Universal dans aucun des 1000 cinémas américains et internationaux. Cette politique affecte tous les films Universal en tant que tels. Elle entre en vigueur aujourd’hui et sera effective à la réouverture de nos salles, et il ne s’agit pas d’une menace creuse ou inconsidérée. Cela étant, cette politique ne vise pas uniquement Universal par pure colère ou pour être punitive d’une quelconque manière, elle s’étend à tous ceux qui abandonnent unilatéralement les pratiques actuelles de chronologie des médias en l’absence de négociations de bonne foi entre nous, afin qu’eux, distributeurs, et nous, exploitants, puissions profiter ensemble de ces changements et qu’aucun de nous n’en souffre. Actuellement, Universal est le seul studio qui envisage un changement complet. D’où cette communication immédiate pour leur répondre ».

Quelle issue à ce litige pour Halloween Kills, prévu en salles en octobre prochain ?

Propriétaire de 8043 écrans dans 634 cinémas sur le continent américain, AMC priverait ainsi Universal de distribuer les films phares prévus dans son catalogue pour les mois à venir, à savoir Candyman de Jordan Peele, Halloween Kills de David Gordon Green, ainsi que de très grosses productions envisagées pour 2021, comme Les Minions 2 : il était une fois Gru, Fast & Furious 9, et Jurassic World : Dominion. Les pertes seraient considérables pour le studio. Universal a depuis indiqué qu’il s’agissait d’un malentendu et d’une mauvaise interprétation de leurs propos, puisque le studio n’aurait jamais envisagé de proposer leurs films sur les deux supports cités (salles + VOD) en même temps, ou l’un au détriment de l’autre, mais bien en vidéo à la demande après une exploitation en salles, comme il en toujours été : « La sortie des Trolls 2 en VOD, notre objectif était de fournir du divertissement aux personnes confinées […] Notre désir a toujours été de fournir du divertissement à un public aussi large que possible. Nous croyons absolument à l’expérience de la salle et nous n’avons fait aucune déclaration contraire ». AMC ne s’est depuis pas manifesté, mais il faut espérer que le coup de sang de la chaîne puisse se résorber au plus vite pour ne pas plomber l’industrie cinématographique encore plus qu’elle ne souffre déjà avec la crise du coronavirus. Un compromis serait légitime, au même titre qu’une distribution classique des films précités, car nul n’imagine devoir découvrir sur petit écran des films aussi largement attendus. Leur impact n’en serait que plus meurtri.

Jurassic World 3 et Candyman seraient des dommages collatéraux de cette fâcheuse décision…

(sources : écranlarge.com, tweeter, halloweedailynews)

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