Interview exclusive de Sandy Johnson (Halloween : la nuit des masques)

Elle est celle par qui tout a commencé. Judith, la sœur de Michael Myers et première victime du tueur alors que celui-ci n’avait que 6 ans, le soir du 31 octobre 1963. Sandy Johnson interprète ce rôle devenu culte autant pour son impact auprès des spectateurs de l’époque qui découvraient un meurtre tourné en vue subjective ; que pour la force narratrice que cet élément a apporté à la légende du tueur au masque blanc tout au long de la saga. Découvrez ici en exclusivité l’interview de Sandy Johnson et ses révélations sur le tournage de Halloween : la nuit des masques.

Bonjour Sandy, merci infiniment de répondre à mes questions.

Bonjour ! Très heureuse de savoir que vous êtes un si grand fan d’Halloween ! Et je suis ravie de pouvoir répondre à vos questions.

Pour commencer, pouvez-vous nous indiquer comment vous avez été amenée à jouer dans Halloween ?

Eh bien, je faisais partie de l’agence des talents Playboy lorsque j’ai eu un appel pour participer à Halloween. Il m’a fallu lire quelques répliques de différents rôles féminins, hurler plusieurs fois, et répondre à leurs questions. Ils tenaient à connaître mon sentiment quant à la nudité dans les films. Puis ils m’ont rappelé pour m’annoncer que j’avais eu le rôle de Judith Myers.

Sandy Johnson, playmate star et future sœur d’un légendaire tueur du cinéma

Votre participation pour le magazine Playboy en 1974 et les apparitions mémorables que vous avez faites notamment dans Jokes my folks never told me et H.O.T.S. étaient-elles liées à une envie particulière de devenir actrice de cinéma ? Pourquoi ne pas avoir continué sur cette voie après Gas Pump Girls en 1979 ?

Mon entrée dans le cinéma était liée au besoin de lever des fonds pour aider mon père dans son combat contre le cancer. Il souhaitait tenter un traitement médical expérimental au Mexique mais celui-ci était très cher. J’ai travaillé aussi bien que je pouvais pour lui apporter mon aide. Plus tard j’ai quitté l’industrie du cinéma lorsque je me suis marié et que j’ai déménagé dans l’Oregon.

Combien de temps a duré votre participation sur le film ?

Je n’étais sur le plateau de tournage que pour 2 jours.

Comment appréhendiez-vous la séquence du meurtre ?

La scène s’est tournée assez vite. Bien qu’il s’agissait d’un plan séquence qui durait tout de même quelques minutes. C’était assez effrayant car j’attendais là que quelqu’un arrive pour m’assassiner…

Judith Myers face à l’horreur. Une scène qui appartient désormais à la légende…

Le tournage du film reposait sur le talent de John Carpenter malgré un budget dérisoire. On sait que Tony Moran (qui joue Myers à visage découvert) a touché 250$ pour sa participation. J’espère ne pas me montrer cavalier mais vous souvenez-vous de votre cachet pour la vôtre ?

Pour être honnête je ne me souviens pas de combien j’ai été payée pour ce rôle. Mais je suis sûre que ça n’était pas grand-chose. Probablement une heure de travail.

Ah oui quand même ! Et quels souvenirs gardez-vous du tournage de Halloween ?

Je me souviens des réparations qu’ils effectuaient sur la maison qui était vraiment une ruine, idéale pour les scènes où Michael revient à Haddonfield. Ma scène était tournée plus tard, et ils devaient rendre la maison plus récente et chaleureuse, vivante en un sens. C’était une scène compliquée à cause des plans de la caméra à combiner, au vue de la durée de la scène elle-même. Jamie Lee Curtis était adorable. Elle venait m’aider à nettoyer le sang sur moi entre les prises. La personne qui se chargeait de ça préalablement était assez rude alors elle s’est proposée pour prendre le relais.

Sandy Johnson recrée les séquences d’Halloween avec poésie dans ses photo shoots sur Facebook. Ici, Judith Myers retrouve sa brosse à cheveux… et sa sombre destinée.

Quelle est votre opinion sur le film de John Carpenter, et sur la saga en elle-même. Avez-vous vu les autres films de la série et quels sont ceux que vous préférez ou détestez ?

J’adore la saga Halloween. Halloween 78 et 2018 sont mes préférés. J’ai aussi apprécié les autres opus, exceptés ceux de Rob Zombie, que je n’ai pas regardé à cause de leur haut niveau de gore. L’excès de gore, ça n’est pas mon truc. J’aime le mystère, le suspense, la tension, et tous ces autres aspects relatifs au genre horrifique, mais vraiment pas le gore. J’ai aussi beaucoup aimé les films avec Danielle Harris enfant. C’est une jeune actrice très talentueuse.

Si vous vous retrouviez face à Michael Myers, là, maintenant, qu’elle serait votre réaction ?

Je serais terrifiée ! Je trouve le masque, tout comme l’être caché derrière, absolument effrayant.

Avez-vous toujours des contacts avec des membres de l’équipe du film, tel que David Kyle, qui jouait votre petit ami à l’écran ?

C’est amusant que vous en parliez. J’ai revu David lors de la convention Halloween : 40 years or terror en octobre dernier à Pasadena. C’est la première fois que je le revoyais depuis que nous avions tourné le film ensemble ! J’ai aussi revu P.J. Soles, Nancy Loomis et Nick Castle. J’ai également rencontré James Jude Courtney, l’interprète de Michael Myers, lors de la première de Halloween 2018. Ce sont tous des gens formidables. Ça a été un réel plaisir de les voir lors de ces conventions.

Judith Myers et son petit ami le 31 octobre 1963, peu de temps avant le drame…

Selon vous, qu’est-ce qui motive Michael Myers, et comment pourrait-on expliquer le meurtre de votre personnage par un enfant si jeune ?

Je pense que Michael a une sorte de syndrome de fixation. Il a dès l’origine fait une fixation sur les filles s’adonnant au sexe et a ressenti le besoin de les éliminer. Puis il fait une fixation sur Laurie, et ne s’arrêtera pas tant qu’il ne l’aura pas tué en bonne et due forme. Il n’est vraiment pas humain, et donc dépourvu d’émotion ou de motivation. C’est plus animal, plus instinctif. Juste un prédateur et sa proie.

Halloween a fêté ses 40 ans l’an passé avec la sortie d’un nouveau film qui fait suite directe au premier. La seule séquence issue du film original est la scène où vous apparaissez. Au-delà du fait qu’il s’agit du premier meurtre du croque-mitaine, comment expliquez-vous que cette séquence soit aussi culte, des années après ?

Pourquoi ma scène est iconique ? Parce qu’elle marque le début de l’histoire. Michael enfant, opérant son premier meurtre sur sa grande sœur Judith. Ça pose les bases de tout ce qui se passera ensuite, lors de son retour à l’âge adulte. Et ça illustre que son manque d’humanité n’est pas quelque chose qui est apparu dans le temps mais qui était bel et bien là dès le début.

P.J. Soles et Sandy Johnson à la convention Halloween : 40 years of terror en 2018

Revenons aux événements publics. Vous vous prêtez depuis quelques temps au jeu des conventions. Comment se déroulent vos rencontres avec les fans de la saga ?

Les conventions de films d’horreur… Je ne connaissais même pas leur existence jusqu’à l’année dernière. Je ne savais pas à quoi m’attendre en me rendant à la convention du 40ème anniversaire d’Halloween. Et ça a été fantastique ! Les fans éprouvaient tant d’enthousiasme et de passion pour les films. Ils m’ont enlacés comme s’ils me connaissaient depuis toujours ! J’ai adoré chaque convention, et chaque rencontre avec les fans a été un moment de joie. Ils m’ont exprimé tant d’amour et j’ai fait de mon mieux pour le leur rendre en retour. Je garde désormais toujours un œil sur la prochaine convention où me rendre.

Michael contre Judith, un affrontement tout en dérision à l’occasion de cette séance photo…

Vos photos en hommage à votre rôle de Judith sur votre page Facebook sont formidables et pleines de poésie. Sont-elles des signes de nostalgie ou une vraie démonstration artistique ?

Mes photos éditées sur Facebook sont faites avec et par amour. C’est une expression artistique dans laquelle je m’investis et donne beaucoup. Et elles sont bien-sûr définitivement liées à la nostalgie. Elles sont mon cadeau pour les fans qui m’ont tant donné.

Quels sont vos projets actuels et futurs ?

Mes projets du moment sont les séances photos et les conventions. J’espère avoir l’occasion de retourner sur un plateau de tournage un jour. Cependant, nous habitons dans un coin reculé et rural, très éloigné des lieux d’entretien et de ce type d’opportunités. Aussi ce projet éventuel devra naître d’un intérêt pour moi en particulier.

Merci infiniment pour votre implication et votre gentillesse, Sandy. Quelques mots pour les fans français qui vous lisent ?

J’ai de très bons souvenirs de la France. J’ai visité la Côte d’Azur lorsque j’étais une jeune femme. J’ai pu admirer les feux d’artifice du 14 juillet sur la Méditerranée. Le plus beau spectacle pyrotechnique que j’ai vu de ma vie. Les restaurants, les boutiques, tout était merveilleux. Je suis si heureuse qu’il y ait des fans d’Halloween en France et partout dans le monde. J’espère pouvoir rencontrer ces fans un jour. Merci à eux. J’espère qu’ils auront apprécié cet échange. Et merci à vous.

Suivez Sandy Johnson sur sa page Facebook et sur son site officiel !

(photos : Trancas film, Google, Facebook)
propos recueillis, traduits et édités par ZeShape, octobre 2018

2 commentaires sur “Interview exclusive de Sandy Johnson (Halloween : la nuit des masques)

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