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L'ANTHOLOGIE DE MICHAEL MYERS ET DE LA SAGA HALLOWEEN

LE SLASHER DU MOIS : DEATH SPA, le centre d’hydrothérapie de la mort (1988)

S’il vous fallait encore une preuve que les années 80 étaient magiques, jetez un oeil sur Death Spa ou Witch Bitch, aka Le Spa de la mort au Québec, ou via certaines VHS, Le centre d’hydrothérapie de la mort. Des titres qui piquent les yeux autant que les images du film ou son scénario isolé, aux allures de melting-pot kitsch digne de la grande époque du n’importe quoi au cinéma. Dans la veine d’un Killer Workout (également connu sous le nom Aerobic Killer, sorti un an auparavant) déjà critiqué sur ces pages, Death Spa exploite le filon du fitness diabolique, avec un versant l’éloignant un temps du slasher pur, puisqu’il ne s’agira pas ici d’un tueur masqué armé d’une épingle à nourrice géante, mais du fantôme revanchard d’une dame esseulée cherchant à se venger de son mari. Évidemment, résumée ainsi, l’intrigue semble ahurissante, mais ce serait commettre un crime contre le bon goût que ne pas mettre en lumière les autres éléments menant à ce cruel châtiment en licra fluorescent. 

Au programme : grosses poitrines et tout petit scénario, le tout en maxi-color.

Réalisé par Michael Fischa, metteur en scène d’origine australienne qui a également à ses heures pondu l’innommable Madame Loup-garou (My Mom’s a Werewolf [1989], dans lequel John Saxon jouait un lycanthrope de sinistre mémoire), Death spa éclate l’idée d’un centre de fitness où les morts s’accumulent puisque le fantôme de la défunte femme du propriétaire vient s’emparer du système électronique de l’établissement, créant accidents sur accidents de plus en plus meurtriers. Ça démarre avec une cabine de sauna qui explose, des douches qui crachent de l’eau bouillante, un plongeoir qui se dévisse, et ça se termine quand même avec des flèches sortant des murs pour épingler des gorges, des miroirs qui font exploser des visages et des poissons congelés qui sautent à la gorge de malheureuses victimes. On a beau avoir un certain niveau d’indulgence quand on entame un film aux allures aussi décalées, mais force est de reconnaître qu’on est ici en totale roue libre, avec un laisser-passer vers l’enfer le plus farfelu qu’il ait été un jour imaginé.

Un centre de fitness à s’en déchirer les muscles.

Arrosé de mille couleurs comme seules les années 80 pouvaient faire jaillir à l’écran, Death Spa ne réussira pas le pari de faire peur, au sens attendu en tout cas, mais promet de belles tranches de rires, si le spectateur accepte le ton hyper sérieux donné à son histoire à la mords-moi le noeud. Car le décalage n’existe que dans l’objectivité qu’on pose sur ce film tourné avec la plus grande attention du monde, comme si le réalisateur y croyait réellement. La pilule à avaler étant toutefois aussi grosse qu’un boeuf, on peinera à s’investir dans cet abracadabrantesque nanar. N’en déplaise aux afficionados qui étaient peut-être émoustillés par cette incroyable scène de dîner romantique durant laquelle le héros fait déguster à sa maîtresse aveugle des asperges qu’il conduit à sa bouche dans des gestes équivoques. À cela, les morts citées précédemment avaient déjà donné un aperçu de ce que ce gratin de restes allait coller comme indigestion au spectateur. Relevons toutefois la générosité de ce gloubi-boulga qui agrémente sa bobine d’un grand nombre de pièges mortels (jets d’acide, immolation, machine de musculation possédée, chutes, défenestrations, embrasement provoquant la combustion de tous les clients du club…) perpétrés par Catherine, une femme fantôme qui s’ennuie et perpétue ce carnage dans l’intention de convaincre son mari infidèle de se suicider pour la rejoindre en enfer. Avouez que vous ne l’aviez pas vu venir, celle-là !

Contrairement à cette gourmande demoiselle, il faut le voir pour le croire.

Le film n’allait tout de même pas trouver une issue plus probable à cette vengeance d’outre-tombe alliant à son histoire de fantôme des éléments de possession, de système électronique dirigé par une intelligence artificielle corrompue et d’affrontements familiaux complexes dignes d’un soap américain de TF1. La fin des années 80 est bel et bien le nid de tous les excès, comme l’ont déjà prouvé Weekend de terreur, Macabre Party et les derniers nés de sagas bâtardes telles que Le bal de l’horreur 3 ou Douce nuit sanglante nuit 4, qui n’hésitent pas à pousser le bouchon tellement loin que plus rien ne jaillit vraiment de la bouteille de Champomy. Death Spa suit cette logique qui confère au néant et à la fin d’un genre qui s’est enterré lui-même sous les abus et la parodie. Le public, lui, ne demande plus qu’à être diverti au sens le plus basique, et ce club de l’enfer tente par tous les moyens, même les plus risibles, d’y parvenir. Car si les morts qui s’accumulent dans ce club ne poussent pas la direction à le fermer, c’est parce qu’il s’y prépare un événement exceptionnel : une soirée de Mardi-gras. Oui, oui.

Oui, cette créature haute en couleurs est bien Ken Foree !

Est-ce que la véritable prouesse du film de Michael Fischa n’est-il pas d’avoir réussi à compter à son casting Ken Foree, pourtant fort d’une louable notoriété post Zombie de Romero, qui cabotine dans ce Death Spa avant de partir en guerre contre Leatherface dans Massacre à la tronçonneuse III ou contre Michael Myers dans le remake d’Halloween ? Le reste de la distribution s’étoffe plus ou moins d’illustres inconnus tels que le héros William Bumiller (La Mutante, et qui avait à ses débuts travaillé dans un centre de fitness), les sculpturales Shari Shattuck (Le clandestin en 1987 ou Agent zéro zéro avec Leslie Nielsen en 1996) et Brenda Bakke (Hot Shots 2, Les contes de la crypte : le cavalier du diable en 1995) ou encore Merritt Butrick (vu dans Vampire vous avez dit vampire 2 avant sa disparition tragique à l’âge de 29 ans). Comme l’indiquera le réalisateur pour justifier son méfait avec Death Spa : « Les clubs de fitness ont poussé à L.A. comme des champignons. Cette course à la beauté est tellement excessive qu’elle en est devenue obsolète et excessive. Puisqu’il nous était impossible de passer à côté de ce phénomène, nous avons pensé à y inclure un fantôme meurtrier. On s’est dit que ça pouvait être fun » . Et franchement, avec tout le recul possible, qu’est-ce que vous voulez bien trouver à répondre à ça ?

Même congelé, le poisson c’est bon pour la santé !
DEATH SPA / WITCH BITCH,
UN FILM DE MICHAEL FISCHA, USA, 1989
● les + : un festival coloré des idées les plus absurdes possibles dans le genre, et y’a du level !
● les – :
une abomination visuelle et cérébrale, évidemment.
● lES meilleureS séquenceS dU film :
on hésite entre la dégustation des asperges ou les morts improbables comme celle du poisson congelé ou de l’appareil de musculation qui déchire les biceps…
● les pires scènes dU FILM :
tout le reste, en fait. On ne va pas se mentir, tous les ingrédients sont là pour placer ce film au panthéon des plus folles aberrations !
Verdict : *****

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