Sorti il y a bientôt 25 ans, Halloween Resurrection fait partie des opus mal-aimés qui ne gagnent pas en notoriété malgré les années (phénomène qui a par exemple permis à Halloween III de trouver ses lettres de noblesse avec le temps). Le film, réalisé par Rick Rosenthal (déjà metteur en scène d’Halloween II en 1981), propose une enquête menée par des candidats de télé-réalité dans l’ancienne demeure de Michael Myers, et chercher ainsi à découvrir comment ou pourquoi il est devenu le tueur en série de légende. Au casting de cette lecture façon ‘found footage’ du slasher emblématique, de jeunes comédiens en quête de célébrité (comme leurs personnages dans le film) dont Busta Rhymes (Narc, Shaft), Katee Sakhof (Battlestar Galactica), Thomas Ian Nicolas (American Pie), Sean Patrick Thomas (Save the last dance), Bianca Kajlich (American girls), Ryan Merriman (Destination finale 3) et Tyra Banks (Coyote girls), qui a porté un regard sur sa performance lors d’une récente interview.

Alors âgée de 26 ans quand elle rejoint le projet Halloween Resurrection, Tyra Banks est déjà connue en tant que mannequin. En tant que comédienne et actrice, certains l’ont déjà aperçu dans des épisodes du Prince de Bel-Air et dans la comédie girly Coyote Girls en 2000. Souhaitant caresser de plus près une vraie carrière d’actrice, Tyra Banks écoute les conseils de son agent en participant au tournage de ce film d’horreur au Canada à l’automne 2001. Aujourd’hui pourtant, elle a des souvenirs amers de cette expérience, et dénonce le fossé qu’il y a eu entre les promesses initiales et le résultat final.

À l’évocation du film et de l’attachement qu’elle y porte hypothétiquement, l’actrice répond sans détour : « Non. Pas même un petit peu. Genre, même pas un tout petit peu » soit un rejet pur et simple, plus qu’un oubli de ses premiers pas au cinéma. Elle développe toutefois, indiquant qu’elle n’était pas fan du genre, ni de l’idée de jouer dans un slasher. Mais son agent lui a alors révélé que cette participation devait être vue comme l’opportunité de voguer sur l’exemple de Josh Hartnett, devenu une star après avoir démarré dans Halloween 20 ans après, l’opus précédent Halloween Resurrection. Elle aurait alors répondu à son agent (qu’elle n’a pas nommé) : « Je ne vais pas faire ça. Qu’est-ce que ça va m’apporter pour ma carrière ? Je suis mannequin et j’ai besoin de faire des choses un peu différentes pour lancer la carrière d’actrice que je vise. Il a alors insisté à nouveau en s’écriant : Mais non, Josh Hartnett a joué dans Halloween, et regarde ce qu’il fait aujourd’hui ! » .

Le tournage se déroule sans encombre particulière, pour une sortie en grandes pompes en été 2002. Rapidement, le film est critiqué par la presse, jugé paresseux et superficiel. Mais au-delà des réactions de la critique et du public, Tyra Banks découvre avec stupeur que sa scène de mort a été coupée au montage. « On m’a convaincu de faire ce film, et non seulement ça ne m’a rien apporté, mais en plus ils ont coupé cette foutue scène ! » . Son personnage, baptisé Nora, acolyte de l’organisateur principal de cette nuit d’horreur filmée et retransmise en direct sur internet, est en effet tué hors champ par Michael Myers, et son corps est brièvement révélé durant la dernière partie du film. La séquence de mort a bien été tournée, mais coupée du montage final. La scène question est depuis consultable en ligne. Cette révélation de l’actrice a d’ailleurs généré plus de 2 millions de vues sur la séquence coupée, attisant de nombreuses réactions sur la nécessité toute relative de cette mort dans le film. D’un côté, le public se moque de la qualité assez faiblarde de l’interprétation de Tyra Banks sur cette scène où elle est étranglée par le tueur alors qu’elle pense avoir à faire à son collègue Freddie. De l’autre, ceux qui ajoutent cette scène à l’ensemble du restant du film, jugé inapproprié et indigne de la saga. Ce qui est flagrant, c’est que comparer le rôle de Tyra Banks dans Halloween Resurrection, soit un personnage mineur qui meurt sans scène de gloire et hors caméra, à celui de Josh Hartnett dans H20, proie secondaire du tueur et survivant dans un film majeur, était déjà un premier signe d’erreur. De plus, la performance de Tyra Banks dans son film se résume finalement à quelques grimaces et jeux de séduction auprès des personnages et du public, lors d’une danse lascive sur un air R’n’B dans un garage reculé tout en se préparant un café recouvert se chantilly. Pas de quoi décrocher un award ni marquer la saga au fer rouge. Mais ça, c’est au public de juger. Et dans un sens, il l’a fait. Pour l’actrice, revenue principalement au mannequinat et aux télé-crochets depuis : « Oui, j’ai un grief contre Halloween 8, c’est certain ! » .