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L'ANTHOLOGIE DE MICHAEL MYERS ET DE LA SAGA HALLOWEEN

ANALYSE MéDIA : BIOGRAPHIE DE DICK WARLOCK « THE SHAPE OF MY CAREER »

Né le 5 février 1940, Dick Warlock est un acteur et cascadeur au palmarès impressionnant, des Dents de la mer au Spider-Man de Sam Raimi, en passant par Pumpkinhead, Relic et la saga Vendredi 13, il est réputé pour avoir accompagné John Carpenter sur nombre de ses films, doublant notamment les cascades de Kurt Russell, et pour avoir incarné le tueur dans Halloween II et III. Mais réduire Dick Warlock à sa vaste carrière serait passer à côté de l’homme qui, par son investissement sans limite et un humour audacieux, a su se faire une place de choix dans le coeur des fans et dans les équipes qu’il a accompagnées au cours de sa vie.

C’est notamment dans des productions Disney que Dick Warlock assure ses premières cascades

Édité cet été 2026, la biographie du cascadeur de légende sort enfin, regorgeant d’anecdotes exceptionnelles. The shape of my career revient sur ses 40 ans de service au cinéma, ses débuts chez Disney (avec les cascades du célèbre véhicule floqué du numéro 53 dans Un amour de coccinelle), et ses souvenirs des plateaux de tournage cultes aux côtés d’Alfred Hitchcock (Complots de famille), Steven Spielberg (Jaws), James Cameron (Abyss), Martin Scorsese (Casino), Tim Burton (Ed Wood) ou encore Robert Zemeckis (À la poursuite du diamant vert). Avec générosité et humour, Dick Warlock se confie sur son parcours incroyable, le livre étant parsemé de notes et de photos exclusives (dont les splendides clichés de la photographe de John Carpenter Kim Gottlieb-Walker), rendant l’ouvrage encore plus addictif pour tout amoureux du cinéma. « Comme tous les enfants nés dans les années 40 et 50, j’ai joué au policier et aux voleurs, au cow-boy et aux indiens, et à toutes ces choses qui impliquent que, quand vous prenez votre rôle sérieusement, vous courez, sautez, et vous jetez au sol à maintes reprises avec toute votre insouciance juvénile » . Mettant ainsi à l’honneur une profession encore trop peu reconnue, le cascadeur dévoile les risques du métier mais aussi le dépassement de soi, indispensable à ses yeux. « Du plus loin que je me souvienne, j’ai été cascadeur. Je l’ai été avant même d’être payé pour l’être ! » . L’acteur Kurt Russell (que Warlock a doublé pendant plus de 20 ans), qui signe la préface du livre, accompagne ses propos avec ces lignes : « Souvenez-vous qu’à l’époque, il n’y avait pas de CGI, on le faisait, c’est tout » .

Warlock et Russell sur le tournage de New York 1997

Les films d’action et d’horreur étant ceux qui nécessitent le plus des cascadeurs professionnels, ils composent tout naturellement l’essentiel de la carrière de Dick Warlock. Mais ce dernier indique avec naturel et honnêteté que ce métier nécessite surtout des contacts. Et c’est Debra Hill, la productrice d’Halloween avec qui il travaille sur New York 1997, qui lui suggère d’aller à la rencontre de l’équipe de cascadeurs travaillant avec Rick Rosenthal, désigné réalisateur d’Halloween II. Et ce, bien qu’il ait admis à la productrice le questionnant sur le sujet qu’il n’a pas vu le film original de Carpenter. Il se rend alors dans les locaux de la production, ponctués de pièces vides, jusqu’à l’une d’entre elles : « Dans cette pièce, il y avait juste une table et une chaise, et sur le dessus de celle-ci, un masque. Pas un masque, LE masque. Debra venait de me décrire le film et le personnage de Michael portant un masque. J’en ai donc conclu que ce devait être celui-ci. Sans vraiment trop refléchir à ce que je faisais, j’ai mis le masque, puis je suis entré dans le bureau du réalisateur Rick Rosenthal, et je suis resté planté devant lui. Rick a levé les yeux et m’a demandé : ‘Qui êtes-vous ?’. Je n’ai pas dit un mot. Je suis resté sans parler, sans bouger, à l’observer. Il a alors réitéré sa question, mais cette fois accompagnée d’un ton qui montrait qu’il n’avait plus envie de rigoler : ‘Mais merde, vous êtes qui ?!’ . J’ai alors ri en enlevant mon masque et en me présentant. […] Croyez-le ou non, mais les mots composant cette question ont changé ma vie à jamais ! » . Sans trop savoir mesurer l’ampleur de son audace, Dick Warlock venait en effet de décrocher le rôle le plus culte de sa carrière : le tueur masqué dans Halloween II, celui qui allait inscrire définitivement l’allure mécanique de Michael Myers. Car c’est en effet Warlock, plus encore que Nick Castle dans le film original, qui donnera au croquemitaine cette gestuelle robotique qui sera reprise dans tous les films suivants. L’année suivante, il accompagnera l’équipe de Carpenter sur le tournage d’Halloween III, réalisé par Tommy Lee Wallace, interprétant cette fois un droïde assassin. Comme quoi, l’allure de robot n’aura pas servi qu’au tueur masqué d’Haddonfield.

Un masque et de l’audace pour un rôle culte

Le petit monde du cinéma dévoile toute sa magie dans ce recueil, Dick Warlock donnant des détails savoureux sur la façon dont le casting de la saga Halloween s’est entrecroisé, par la magie du hasard. Ainsi, il rejoint le tournage de Le collège en folie (aka H.O.T.S en 1979), engagé par George P. Wilbur, le futur interprète de Michael Myers dans Halloween 4 et 6. Il tourne à visage découvert dans cette comédie qui compte également à son bord Sandy Johnson, première victime de Myers dans le film culte de John Carpenter l’année précédente ! Au registre des secrets de tournage les plus savoureux (à plus d’un titre) : la révélation du produit que régurgite l’acteur dans Halloween III après son combat musclé avec Tom Atkins, qui est tout simplement… du jus d’orange glacé !

Pourquoi chercher plus loin ?

L’expérience du rôle de Michael Myers dans Halloween II annonce aussi le besoin d’être cascadeur en plus d’être acteur, ce que seront dès lors les futurs endosseurs de la panoplie dans la saga (George P. Wilbur, Don Shanks, Chris Durand, Brad Loree, Tyler Mane et James Jude Courtney, pour ne citer qu’eux). Car cette interprétation de Dick Warlock en 1981 a été musclée à plus d’un titre : « La première cascade que je me souviens avoir réalisé dans ce film est la haute chute du balcon. Il s’agissait de reproduire celle du final du film précédent, réalisée par Jim Winburn, et retrouver le climax du métrage original. Quand j’ai essayé la première fois, je n’arrivais pas à atterrir correctement sur le dos comme Jim, alors j,’ai fait construire cette petite rampe qui allait à mi-hauteur de la rambarde. Entre-temps, la décision fut prise de faire la chute à l’avant de la maison. Plus cinématographique, je suppose. Mais la rampe était cette fois un peu haute par rapport à la rambarde, on aurait du la réduire, mais je ne l’ai pas fait. De mémoire, la chute faisait entre 5 et 6 mètres. Après une répétition, on a tourné la scène en une prise. C’est tout. C’était un peu délicat car le masque ne donnait aucune vision périphérique, mais sinon, c’était une cascade assez simple. Pas d’airbag à ce niveau, juste des cartons vides recouverts d’une bâche. Ça a l’air douloureux, mais c’est étonnamment assez souple pour amortir une chute de cette hauteur sans blessure » . Des blessures, il y en aura, d’autres, et nombreuses, sur tous ces tournages. Warlock les illustre de manière humoristique dans le recueil, à la façon d’archives de la clinique du Mémorial hospitalier d’Haddonfield, citant les brûlures au bras à la fin d’Halloween II, la quasi-surdité ressentie sur Dark Justice ou le trauma à la tête et multiples blessures à l’épaule sur Rollerball et Relic.

Dick Warlock et Chucky pour l’opus La poupée de sang en 1990

Les anecdotes et secrets de tournage sont légion dans cette biographie qui épluche chaque production à laquelle Warlock a participé. De son cachet sur Halloween III aux objets innocemment dérobés sur le tournage des Dents de la mer ou de Chucky 2 : la poupée de sang, tout sera dévoilé ! Le recueil est aussi une pépite pour les interventions de Dean Cundey (Halloween, Jurassic Park), Rick Rosenthal, Lance Guest, Leo Rossi et Pamela Susan Shoop (Halloween II), Tommy Lee Wallace et Stacey Nelkin (Halloween III) et sa propre famille (dont ses enfants Billy et Lance Warlock, tous deux apparaissant dans Halloween II), ou les notes à son sujet laissées par John Carpenter, Steven Spielberg, Alex Vincent, Jamie Lee Curtis ou Robert Zemeckis, faisant de l’ensemble une vraie bible rendant tout l’honneur de cette carrière incroyable au service du sensationnel. Et pour finir, Dick Warlock partage tout le plaisir ressenti depuis qu’il participe aux conventions lui permettant de rencontrer ses fans, et, comme il le dit si bien à l’idée d’y croiser Robert Englund, Tony Todd, Kane Hodder ou Jamie Lee Curtis : « retrouver de vieux amis » .

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