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L'ANTHOLOGIE DE MICHAEL MYERS ET DE LA SAGA HALLOWEEN

INTERVIEW EXCLUSIVE : LOUIS LAZZARA (maquilleur, HALLOWEEN H20)

Louis Lazzara (1959-2021) était un maquilleur professionnel ayant contribué aux effets spéciaux de nombreux films cultes tels que Vendredi 13 chapitre 3, la saga des Griffes de la nuit, Blade, La famille Addams, Terminator 3, Godzilla ou Hunger Games. Il était également un artiste par la création et exposition de nombreuses toiles et peintures dans une galerie en ligne. Fort d’une carrière très prolifique des années 80 pendant lesquelles il a croisé et chamboulé la vie de nombreuses stars (d’Arnold Schwarzenegger à Roy Scheider, Robert Englund ou encore Dwayne Johnson)  jusqu’à la fin de sa vie, il s’éteint le 25 août 2021, au désarroi de sa famille et de ses nombreux amis, qui rendent immédiatement hommage à son talent, mais aussi à sa profonde gentillesse. Ci-après, quelques morceaux des échanges que j’ai pu avoir pendant la pandémie de 2020 avec ce grand cœur, éternel amoureux des arts et des artistes qu’il a croisés, qui n’a pas hésité à revenir sur chaque détail de son incroyable carrière pour répondre à toutes mes questions quant à son travail méticuleux l’ayant notamment conduit à participer à Halloween 20 ans après.

Louis Lazzara et Larry Zerner sur Vendredi 13, chapitre 3

ZSH – Bonjour Louis. Merci pour votre disponibilité pour cet échange. Pouvez-vous m’indiquer comment est né votre intérêt pour cet univers des maquillages et effets spéciaux ?

LL – Bonjour ZeShape. Avec un immense plaisir ! Pour vous répondre, j’ai appris très tôt que la beauté, la coiffure et le maquillage seraient aussi importants que les effets spéciaux si je voulais faire une longue carrière. Quand j’étais petit, on me surnommait « Late Show Louie », parce que je me levais en pleine nuit, quand tout le monde était endormi, pour allumer la télévision et regarder les vieux films qui passaient à la télé. J’avais 5 ou 6 ans, ma mère adorait les classiques et ça a eu une énorme influence sur moi. Elle me surprenait souvent à regarder la télévision, et m’encourageait à venir m’asseoir avec elle pour voir toutes sortes de films et programmes. Mes préférés étaient issus d’Universal, tels que Dracula, Frankenstein, La momie ou La nuit du loup-garou. Mais j’adorais aussi un autre type de créatures, qui s’appelait Bette Davis, Mary Astor, Katherine Hepburn, Spencer Tracy, Clark Gable, et leurs films si fantastiques.

Deux représentations de la beauté très opposées, mais toutes deux issues des grands classiques du cinéma hollywoodien, en quelques sortes.

Tout à fait. Et tout ça, ça a été une inspiration pour moi. J’avais un petit coin maquillage aménagé dans une salle de bain inoccupée au sous-sol de ma maison d’enfance, et j’essayais d’y recréer des maquillages de films. Je me souviens avoir découpé les cheveux d’une des poupées de ma sœur pour recréer l’allure de Quasimodo dans Notre-Dame de Paris.

Dick Warlock, Louis Lazzara et Tom Morga sur le tournage de Vendredi 13 chapitre 5

J’imagine qu’elle n’a pas adoré !

Vous imaginez bien. Quoi qu’il en soit, quand j’avais 15 ans, il y avait un tournage tout près de chez moi. Le titre m’échappe, mais il y avait Brooke Shields dedans, et une jeune fille en hauts talons. Voilà, c’était Alice sweet Alice ! Et j’ai vu une maquilleuse qui devait changer quelqu’un en prêtre en très peu de temps. Très rapidement, même. J’ai aussi découvert qu’un maquilleur vivait près de chez moi. Il s’appelait Carmen J. Gebbia, et travaillait à la FOX à New York. Moi j’étais dans le New Jersey. Ma mère a trouvé son nom et ses coordonnées. Elle l’a appelé et lui a demandé si je pouvais le rencontrer. Il m’a suggéré un autre maquilleur, plus disponible : Dick Smith, qui vivait à Larchmont. Il est devenu l’un de mes mentors.

Dick Smith ? Incroyable ! C’est lui qui a travaillé sur les maquillages de L’Exorciste I et II, Poltergeist III ou Scanners, par exemple.

Exactement. J’allais chez lui les weekends et je passais tout mon temps dans son atelier à les regarder travailler, son assistant et lui, à créer des maquillages pour des films.

Carol Locatell (V13 chapitre 5), une sculpture de Frank Langella (The Box) ou Kevin Spacey (Un monde meilleur) sous la patte du maquilleur Louis Lazzara

C’est un sacré début de parcours. Cette rencontre a été en quelques sortes votre ultime révélation.

Oui. La suite a été un enchaînement d’événements et de décisions. Ma mère nous a quittés soudainement en 1975. Je me suis lancé dans le théâtre, j’ai mis en scène quelques pièces et j’avais besoin de réaliser quelques courts-métrages. Dans les années qui ont suivi, j’ai tout vendu : ma voiture, toutes mes affaires, j’ai fait mes valises et je suis parti à Hollywood. Je n’y connaissais personne. Un jour, je feuilletais des magazines au kiosque à journaux quand j’ai rencontré David Miller, un grand maquilleur (La créature du marais, Terminator, la saga Freddy, la série des Contes de la Crypte, mais aussi le clip Thriller de Michael Jackson), et son épouse. Ils m’ont invité à un barbecue dans la vallée. Je me suis alors rendu dans un endroit appelé Make up effects laboratory, j’y ai rencontré plein de monde grâce à lui. J’y ai ensuite travaillé, d’abord en aide bénévole, à balayer le sol, puis à réparer des outils, et donner un coup de main où je pouvais. De fil en aiguille j’ai travaillé au rayon maquillage d’un grand magasin, puis responsable d’un rayon, dans un magasin dont la compagnie a fini par racheter l’Académie des Arts et des sciences du cinéma, qui abrite désormais le nouveau bâtiment de l’Académie où se déroulent les Oscars. Je suis membre de l’Académie, membre votant, et en quelques sortes copropriétaire du bâtiment où j’ai travaillé au début des années 80 à emballer des cartons…

Louis Lazzara et Roy Scheider, une grande amitié sur les tournages.

Vous êtes tombé dans le milieu malgré vous !

C’est le moins qu’on puisse dire. Mais j’ai surtout été très chanceux et ai eu une très longue carrière. Ma rencontre avec David Miller et ce laboratoire d’effets spéciaux, c’était être au bon endroit au bon moment. À côté de ce labo, il y avait celui de Rick Baker, puis celui de Greg Cannon. On a tous progressé ensemble. J’aime autant le travail en atelier que sur un plateau, à faire ces maquillages, parce que c’est là que le film est tourné. Un de mes premiers films a été Dar l’invincible, puis Les griffes de la nuit, où je maquillais Robert Englund tous les jours pour le tournage.

Justement, il y a principalement eu des films d’horreur, ceux nécessitant des efforts tout particuliers en matière d’effets visuels et de maquillages. L’occasion de belles rencontres.

Oui, j’ai fait beaucoup de films d’horreur à cette époque. Notamment Vendredi 13 chapitre 3 où j’étais assistant, ou le cinquième épisode sur lequel j’ai vraiment officié. J’ai retrouvé Robert Englund pour ses maquillages dans la série des Cauchemars de Freddy, ainsi que sur les cinquième et sixième opus de la franchise. C’était parfois du boulot, comme sur Teen Wolf 2. Je suis allé en Afrique pour American Ninja [Le ninja blanc en VF, NDR] ou à Bornéo pour le film Air Force : Bat 21, où j’ai fait la rencontre de Gene Hackman. Je suis ensuite retourné à Los Angeles, et David Miller m’a demandé d’aller au Texas pour réaliser un moulage du corps de Roy Scheider (Les dents de la mer). J’ai passé deux heures avec lui ce jour-là. Le courant est tout de suite passé. C’était pour le film Cohen & Tate en 1988. Encore une fois, d’une rencontre hasardeuse est née une grande histoire puisque je suis resté le maquilleur personnel de Roy Scheider pendant 23 ans. Je me suis aussi occupé d’Arnold Schwarzenegger et de Dawyne Johnson, parmi plein d’autres acteurs sur de nombreux films.

En compagnie de Roy Scheider, Lazzara ne manquait pas de piquant !

Un parcours très étoffé !

J’ai eu une carrière extraordinaire. J’ai voyagé à travers le monde, rencontré le pape et la reine d’Angleterre. Tous mes rêves se sont réalisés. Mon dernier rêve avait été de devenir membre de l’Académie des Oscars et c’est finalement arrivé aussi, depuis 2009. J’ai toutefois du me retiré du monde du cinéma en 2014 après une importante blessure à la main. Je suis depuis peintre et sculpteur et possède une galerie d’art depuis 2015. Voilà. Vous m’avez laissé une grande liberté sur votre question, du coup j’ai déblatéré à n’en plus finir ! Vous auriez du m’arrêter avant !

En aucun cas ! Votre parcours est hors du commun.

Je dois bien l’avouer, oui.

Louis Lazzara (avec la barbe à droite) sur le tournage de Meurtres en 3D.

Et qu’est-ce qui vous a mené vers Halloween 20 ans après ? Était-ce la continuité logique pour avoir travaillé avec le réalisateur Steve Miner sur Meurtres en 3 dimensions, le troisième opus de la saga Vendredi 13 ?

Presque. J’ai travaillé à cinq reprises avec Steve Miner. J’ai adoré travailler avec lui car il laisse beaucoup de libertés. Il me laissait être très créatif. Pour H20, j’ai décroché le titre de maquilleur grâce à la maquilleuse personnelle de Jamie Lee Curtis : Tania McComas. Elle avait été mon assistante pendant de nombreuses années, et lorsqu’elle a été amenée à participer à ce film, elle m’a demandé de l’accompagner sur le plateau pour les effets maquillages sanguinolents et effets spéciaux. J’ai beaucoup aimé travailler sur ce film. J’y ai fait la connaissance de LL Cool J et suis devenu son maquilleur personnel pendant deux ans. Pour l’anecdote, il était arrivé sur le tournage le premier jour avec six énormes gardes du corps. Il était une grande star du rap déjà à cette époque, et c’était sa manière de procéder. En arrivant dans la loge pour le maquiller, je leur ai dit qu’il vaudrait mieux qu’ils attendent à l’extérieur de la loge, pour ne pas déranger la partie maquillage. Ça ne l’a pas dérangé. J’ai commencé mon maquillage et lui ai alors dit : « Regarde là-bas, au bout de la loge. Tu vois, c’est Jamie Lee Curtis, la star du film. Tu as vu avec qui elle est venue travailler aujourd’hui ? » . La réponse était « Personne ». J’ai poursuivi : « Elle est venue seule, en voiture, comme la plupart des stars. Le plateau est sûr, il y a des agents de sécurité partout. Tu n’as pas besoin d’être entouré de tous tes gars » . Dès lors, il est revenu tout seul, même quand il avait eu un grand spectacle juste avant. Il a tout de suite compris. C’était super de travailler avec lui. Je le taquinais souvent sur le fait qu’il était le seul homme noir du film, et qu’il serait donc forcément assassiné dans le film ! Un cliché incontournable, surtout à l’époque. Mais la surprise a été qu’il survivait, et revenait presque en héros à la fin du film.

Steve Miner vous laissait cette liberté malgré les demandes spécifiques des producteurs ? On sait que les frères Weinstein intervenaient beaucoup sur les plateaux de leurs productions…

Lors de la réunion de production précédent le tournage, nous avions prévus à l’avance, forcément, les meurtres prévus dans le scénario. Arrivés au premier de ceux-ci, Steve a insisté sur la nécessite d’en discuter. Il savait comment j’allais m’y prendre, et que je trouverai toujours une façon originale de mettre en lumière la manière dont le personnage aura été tué. Si des choses avaient été discutées au préalable sans ma présence, il fallait les ignorer. « Laissez Louis faire son travail » , disait-il. C’était très agréable à entendre.

Adam Hann-Byrd, à gorge déployée sur Halloween H20 !

L’entente était donc plutôt cordiale sur le plateau. Avez-vous d’autres anecdotes sur le tournage de ce septième Halloween ?

Chris Durand, qui incarne Michael Myers dans le film, était très facile à vivre. Une vraie crème. Je devais gérer son masque tous les jours, ce qui n’était pas une mince affaire car beaucoup de monde interférait et avait sa propre idée quant à l’apparence de ce masque dans le film. Le premier avait été sculpté par KNB. On l’a utilisé pendant quelques jours, puis j’ai participé au groupe qui a suggéré de contacter la Stan Winston School of Character Arts, et c’est celui-ci qui a ensuite été finalement utilisé dans les 90% du reste du film. Mais tous les acteurs, même les plus jeunes, ont tous été d’adorables personnes et ça a été un plaisir de travailler avec eux. Tout se déroulait en parfaite harmonie. J’ai côtoyé tant de monde avec les années, que j’ai un sens du contact et un impact positif sur les gens. C’était donc un vrai plaisir de venir bosser chaque jour. Nous avons tourné principalement dans une ancienne école catholique de filles à Silverlake, à Los Angeles. Un très bel édifice ancien.

Parmi toutes ces belles rencontres sur le plateau, il y avait Jamie Lee Curtis…

Jamie était incroyable. Et amusante. Et une grosse bosseuse. Toujours la première sur le tournage, et la dernière à en partir. Steve Miner est un jour entré dans la loge, en clamant à quel point il était honoré par la chance que Janet Leigh, la mère de Jamie, avait accepté de jouer le rôle de la secrétaire de l’école. Elle qui conduit le même véhicule que celui qui la mène à une mort certaine dans Psychose. C’était dingue !

Quels conseils techniques pouvez-vous nous donner sur le travail dans la maquillage ? Des petites choses qui doivent totalement échapper aux novices que nous sommes.

Il y a un travail étroit entre l’équipe des maquilleurs et le réalisateur. Tout dépend des effets que vous souhaitez faire apparaître à l’image. Il y a en fait certaines choses que vous pouvez faire, et d’autres non. Par exemple, vous pouvez montrer le plan d’une femme qui se fait poignarder dans l’estomac, mais vous ne pouvez pas montrer son visage en même temps. Avec tous les films d’horreur auquel j’ai participé, ce sont des règles que je connais par cœur. Il y a aussi les problèmes de censure si on en fait et montre trop. Concernant Steve Miner, il sait comment je fonctionne, il connait mes limites. Je ne peux par exemple considérer qu’on tue un enfant dans un film, via des effets rendant crédible et ouvert cette mort à l’écran. Mais tout ça, c’est un échange entre le réalisateur et ses équipes. Steve est très talentueux comme réalisateur. Il parle. Il discute sang et notation du degré de sang dans une scène. Certains réalisateurs n’écoutent pas, ils s’en fichent. Ils vous disent juste quoi faire, et c’est tout. Aucune recherche.

Un exemple de ce type de comportement sur un tournage ?

Oh ben oui, sur le film Cohen & Tate dont je parlais tout à l’heure ! Le réalisateur m’a demandé par exemple, pour la mort d’un personnage dans le film, de rajouter du sang, gallon après gallon. Après 5 gallons de sang jeté au sol [soit plus de 20 litres, NDR], j’ai rappelé au réalisateur qu’un corps humain ne contient en tout et pour tout que 5 litres. Mais il s’en foutait complètement. Moi, je faisais ce qu’on me demande. Au fond, je devait m’en ficher aussi. Mais ce réalisateur, Eric Red, n’était pas très apprécié. En tout cas pas par moi, ni par Roy Scheider, qui le surnommait « Eric le rouge ». Son problème venait du fait qu’il avait écrit le scénario de son film et que rien ne pouvait le déloger de ce qu’il avait écrit, à la ligne près.

Un résultat à l’image bluffant pour l’intro d’Halloween 20 ans après.

Pour en revenir à la saga, quel est votre Halloween préféré ? 

J’aime l’original et ai adoré celui sur lequel on a travaillé, Halloween 20 ans après. Pas seulement parce qu’on a bossé dessus, mais parce qu’honnêtement, je n’ai pas vu les autres ! (rires)

C’est un argument. Et avez-vous rencontré des difficultés techniques, des challenges, sur les mises en scène de mort sur H20 ?

La séquence de la gorge tranchée d’Adam Hann-Byrd dans H20 est ma préférée du film ! J’adore aussi la première mort du film, très visuelle, du personnage ayant fait l’audace de porter un masque de hockey dans un Halloween ! J’ai travaillé en étroite collaboration avec l’équipe d’effets visuels et les machinistes pour rendre cette scène avec le patin à glace aussi réaliste que possible.

Oui, on en oublie qu’il est physiquement impossible de planter un patin à glace dans un crâne sans le briser complètement. (rires)

Ce sont des questions qu’il ne faut pas se poser. Les films d’horreur des années 80 étaient géniaux au début, mais au bout d’un moment, c’est devenu répétitif et je n’ai jamais pensé qu’on faisait quelque chose de particulièrement intéressant. Le premier Freddy, oui, assurément, était passionnant. Wes Craven était un génie.

Comment se fait-il d’ailleurs que vous ne soyez pas crédité au générique de ce premier Freddy, en 1984, vous qui avez réalisé les maquillages du croquemitaine ?

En fait, je n’ai pas été payé par la production du film mais par le studio de David Miller. À vrai dire, je ne me suis jamais soucié des crédits aux génériques, car j’étais payé en avance et je ne préoccupe que du montant de mon salaire. Quand j’ai travaillé sur la saga Freddy, après le premier, je n’ai fait les maquillages de Robert Englund que sur les opus 5 et 6, et j’ai aidé aux scènes de meurtres dans la série Les cauchemars de Freddy. C’est sur ces travaux-là que j’ai gagné le plus d’argent. C’est ce rôle attitré pour Robert Englund qui a été le plus lucratif. J’ai fait trois autres films avec Robert. Une cascade financière, soyez-en sûr !

Avec Robert Englund et son épouse, sur les tournages ou en vacances en Israël

Le maquillage est en effet un domaine où vous êtes au plus près des acteurs. Des liens se créent forcément, compte tenu de la durée de ces séances.

Dans la série Les cauchemars de Freddy, les maquillages de la première moitié de la première saison étaient réalisés par Kevin Yagher [qui a assuré les maquillages de Robert Englund sur les opus 2, 3 et 4 de la saga Freddy, NDR] et prenaient près de 3 heures de temps. Ils ont contacté David Miller pour une solution. Je pouvais réaliser ce maquillage en 45 minutes. Vous pensez bien que pour Robert Englund, c’était une aubaine.

Il est aussi sympa qu’il en a l’air, Robert Englund ?

Robert et sa femme Nancy sont devenus de très proches amis. Je séjourne souvent chez eux à Laguna Beach et il m’est arrivé de voyagé à travers le monde en leur compagnie. Nous nous connaissons donc très bien et on s’apprécie vraiment. Nous partageons les mêmes intérêts. Robert est un homme aux multiples talents, Nancy est réalisatrice. Je crois qu’ils se sont rencontrés sur le tournage de 976-Evil, le film de Robert. En tout cas, ils étaient très proches et le fait qu’on ait autant travaillé ensemble au fil du temps était vraiment génial. J’ai fait des choses avec Robert qui ne sont pas mentionnés dans ma filmographie, comme les cérémonies de remises de prix du cinéma d’horreur et des émissions qu’il a réalises pour la télévision. J’y étais maquilleur, bien-sûr, mais le meilleur souvenir que j’ai de Robert, c’est les voyages avec lui. On est allé en Russie pour Dance macabre, en Israël aussi. On a passé de super moments.

Peinture de Freddy Krueger, réalisée par Louis Lazzara

Ces échanges avec les stars ont rythmé toute votre vie. C’est ce que vous projetez d’indiquer dans votre livre, c’est bien ça ?

Complètement. Robert signe même la préface de mon livre, tandis qu’Arnold Schwarzenegger en rédige l’introduction. Je l’ai presque terminé. Ça ne concerne pas tant mon métier mais plutôt à propos de mes voyages et rencontres. J’ai des anecdotes amusantes et intéressantes. Le livre se concentre beaucoup sur Roy Scheider, Robert Englund, Arnold Schwarzenegger…

Et Dwayne Johnson, alias The Rock ? Un pur et dur, lui aussi, au demeurant ?

Pour avoir été son maquilleur sur Southland Tales et Max la menace, je peux vous dire que c’est un gars extraordinaire, lui aussi. Jeff Dawn était son maquilleur attitré sur les autres productions auxquelles il a participé, et sur lesquelles je m’occupais du maquillages d’autres acteurs, comme sur Le roi scorpion, par exemple.

Avec Dwayne Johnson sur Southland Tales en 2006

Un immense merci, Louis, pour toutes ces formidables histoires sur un métier qui mérite amplement d’être mis plus en lumière. Votre travail est exceptionnel, et je me réjouis d’avoir pu échanger sur autant d’anecdotes sur votre longue carrière. De tout ce parcours, y a-t-il un réalisateur avec qui vous avez particulièrement aimé travaillé, pour une raison toute particulière ?

Richard Kelly est le réalisateur avec lequel j’ai préféré travailler. Il est incroyable et m’a laissé lui aussi, comme Steve Miner, une immense liberté créative. Il m’a permis de faire tout ce que je voulais. Quoi de mieux dans un métier qu’une totale liberté ? Merci à vous, ZeShape. C’était un plaisir partagé. Merci pour votre intérêt et pour ce voyage dans le temps. Je finis cet échange avec une toile de moi. Vous ne devinerez jamais qui l’a peinte.

Laissez-moi réflechir… Robert Englund ? On le voit peindre une toile dans Freddy sort de la nuit.

Ha ha ! Ça aurait pu. Mais non. C’est l’acteur Gene Hackman. 

Incroyable ! Tant d’artistes inconnus dans ce monde…

Je ne vous le fais pas dire. Mais maintenant, avec moi, vous en connaissez un de plus ! (rires)

propos recueillis, traduits et édités par ZeShape, mai 2020
En mémoire d’un artiste exceptionnel et généreux
page IMDB de LOUIS LAZZARAPage instagram et peintures

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2 Commentaires

  1. Marchand 1 novembre 2025

    Merci pour ce moment unique !
    Un grand monsieur !

    • ze shape 3 novembre 2025 — Auteur d'un article

      Un grand artiste d’une grande gentillesse et d’une grande générosité. Merci Florian pour ton commentaire et ta fidélité.

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