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L'ANTHOLOGIE DE MICHAEL MYERS ET DE LA SAGA HALLOWEEN

LE SLASHER DU MOIS : LE JOUR DES FOUS (1985)

Symbole absolu de son époque, le slasher permet aussi de retrouver les mœurs et coutumes des années 80, avec le principe ô combien américain de faire subir les pires outrages à la tête de turc du lycée. Le jour des fous repose sur le principe de la vengeance la plus légitime du genre, celle de Marty, un jeune étudiant binoclard et naïf, défiguré et traumatisé après qu’une très mauvaise blague de ses camarades ait eu des conséquences dramatiques sur le jeune homme. Affublé d’un masque de bouffon, il va perpétrer une véritable hécatombe auprès de ceux qui se sont joué de sa personne quelques années plus tôt.

Tout commence toujours par une mauvaise blague…

Le film de George Dugdale est un fleuron du slasher movie, réunissant tous les meilleurs ingrédients du genre, mais aussi grâce au compositeur Harry Manfredini (Vendredi 13) qui signe une musique diablement efficace et estampillée « eighties » (pour beaucoup issue de morceaux non-utilisés dans la saga de Jason Voorhees), et ses maquillages et effets spéciaux qui y sont particulièrement réussis. Si l’histoire ne tient pas à en faire plus que ses illustres modèles, elle parvient à tenir en haleine jusqu’au démarrage des meurtres, tous à la hauteur du préjudice qui a anéanti l’esprit de Marty.

La vengeance est un plat qui se mange… saignant !

Dans une aile désaffectée du lycée, la bande mystérieusement réunie par Marty va à son tour être l’objet de blagues fatales, d’un empoisonnement à l’acide à une crucifixion en passant par une noyade en fosse sceptique et un florilège de morts violentes (tête empalée dans un crochet, coup de barre de fer, bain à l’acide, écrasement sous un tracteur), sans oublier le coït le plus électrisant de toute l’histoire du cinéma ! Le look du tueur et quelques belles idées de mises en scène (l’ombre du bouffon lors de la pendaison par exemple) accentuent cette ambiance coupée au couteau.

Un peu de ci et un peu de ça pour un mélange explosif !

Si les personnages ont bien évidemment des attitudes et réactions totalement hors de propos en pareilles circonstances mortelles (prendre un bain, dormir, faire l’amour ou de la mécanique, déposer une arme devant le tueur à peine inconscient…), un certain suspense se développe et entretient le mystère sur l’issue de ce cauchemar. Les derniers survivants étant les principaux responsables de l’état de Marty, y a-t-il une chance pour que l’un d’eux réchappe à cette boucherie ?

Un tueur méthodique pour des scènes attrayantes

Ce qui ne déroge pas au mythe est la triste et sordide destinée de l’interprète de Marty, Simon Scuddamore, qui, ne se remettant pas d’une sévère dépression, a mis fin à ses jours par abus de drogue peu après le tournage du film, à seulement 28 ans. La production a dès lors du faire intervenir le scénariste Mark Ezra pour jouer le tueur dans quelques scènes additionnelles, et sortir le film deux ans après la fin de son tournage pour atténuer l’ampleur du drame. À noter que le film devait à l’origine s’appeler April fool’s day, avant que la Paramount n’achète ce titre pour son Weekend de terreur sorti également en 1986, obligeant le film à être rebaptisé Slaughter High. À son bord, la plus que trentenaire mais toujours étudiante de charme Caroline Munro (future épouse du réalisateur, et égérie dans L’espion qui m’aimait) et Carmine Iannaccone (devenu depuis professeur d’art) assurent chacun dans leur genre la part sexy du film, aidés au casting de quelques pouliches n’hésitant pas à exhiber leur poitrine généreuse à l’écran, et par l’apparition de Dick Randall (Le sadique à la tronçonneuse, dont on voit d’ailleurs l’affiche en fond) dans le rôle de l’agent un peu sagouin de Carol.

Au plumard, c’est le coup de foudre assuré !

Si le film, tourné en Angleterre dans un recoin de Londres permettant à l’équipe de profiter d’un établissement condamné à la démolition, est un savant mélange du Bal de l’horreur, Le monstre du train, Carnage et Killer Party, ne serait-ce que pour le registre de la vilaine blague qui dégénère, Le jour des fous reste un des points culminants de l’ère slasher des années 80, avec une énergie et une originalité de traitement bien supérieure à la plupart des Vendredi 13 qui dominaient le box office à cette époque. N’en déplaisent aux producteurs : il s’agit des mêmes ! En attendant, il est bon de retrouver la période de gloire du genre dont la simplicité et l’efficacité restent aujourd’hui encore sans pareil.

Un slasher de cris et de sang
LE JOUR DES FOUS (SLAUGHTER HIGH),
UN FILM DE GEORGE DUDGALE, MARK EZRA
& PETER MACKENZIE LITTEN, USA, 1984-1985
● les + : un BEL EXEMPLE DE SLASHER OLD SCHOOL PUR
● les – :
un sentiment général un peu vain
● les meilleures séquences dU film :
incontestablement les mises à mort diaboliques de marty, et son chemin de croix initial, renforcé par la destinée tragique de son malheureux interprète
● les pires scènes dU FILM : toutes celles montrant que caroline Munro, c’est pas une grande actrice, quoi…
Verdict : *****

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