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L'ANTHOLOGIE DE MICHAEL MYERS ET DE LA SAGA HALLOWEEN

INTERVIEW EXCLUSIVE DE TROY EVANS (CHARLIE DANS HALLOWEEN 5, 1989)

Bonjour Troy ! Un immense merci pour avoir accepté de répondre à nos questions.

[en français] Bonjour ! C’est une joie pour moi de participer à cette interview.

Vous avez participé à de nombreuses productions et joué dans un grand nombre de films. Qu’est-ce qui vous a conduit à devenir acteur ?

Je suis né à Missoula dans le Montana en 1948. Quand j’étais jeune, je comptais devenir avocat ou homme politique. Puis j’ai été enrôlé dans l’armée et je suis parti pour le Vietnam. Quand j’en suis rentré, j’étais devenu une autre personne. Je buvais beaucoup et me suis attiré tout un tas d’ennuis (allant jusqu’à la prison). Il m’a fallu trouver quelque chose à faire de ma vie. J’ai alors commencé à jouer dans de petites troupes de théâtre, plus ou moins par accident, et ça a éveillé mon intérêt. En 1976, je me suis rendu en Californie, et je ne suis plus jamais revenu en arrière.

Avant de participer à Halloween 5, aviez-vous vu les précédents films de la saga ? Que pensez-vous de ce genre cinématographique ?

À dire vrai, la chose la plus étrange à mon sujet quant à Halloween 5, c’est que n’aime pas du tout les films d’horreur. Je n’ai même d’ailleurs jamais compris le plaisir qu’ont les gens de se faire peur devant ce type de films. J’ajoute que je ne suis pas adepte non plus des images violentes. Ces aversions sont certainement dues à mon service militaire. Le principe de tuer n’est pas quelque chose d’amusant pour moi. Donc non, je n’avais pas vu les films précédents. Je n’ai d’ailleurs jamais revu Halloween 5 non plus.

La mort de Charlie, votre personnage dans Halloween 5, est en tout cas très violente, en effet. Pour l’anecdote, vous êtes d’ailleurs la seconde victime de Michael Myers dans sa maison d’enfance, juste après sa grande sœur Judith qu’il avait assassiné un quart de siècle plus tôt, en 1963.

C’est bien possible. Mais comme dit, je n’éprouve pas d’intérêt dans les mises à mort, qu’elles soient réelles dans la vie de tous les jours ou imaginaires à l’écran.

Dès lors, envisagez-vous vos participations à vos films comme de la figuration ou comme des rôles à part entière ?

Je suis un acteur de caractère. Je reste détaché de mes rôles tout en leur accordant toute la dimension qu’ils méritent. Je ne pourrais par exemple pas interpréter de rôle porteur d’une image. Chaque job n’est rien d’autre que ça : un job. Mais je considère chaque rôle et les joue du mieux que je peux.

Vous avez joué des rôles de policiers à plusieurs reprises. Au-delà des films d’horreur pour lesquels vous n’avez pas grande considération, quelle est votre opinion sur le rôle de la police au cinéma ? Pensez-vous que les films donnent une fausse image des forces de l’ordre ?

Ne regardant pas de films d’horreur, je ne sais effectivement pas comment les flics y sont dépeins. Pour le reste, j’ai joué un policier dans Near Dark [Aux frontières de l’aube, de Kathryn Bigelow, 1987, NDR], et c’est l’une des scènes que j’ai préféré dans ma carrière. Le flic est un dur, mais essaie vraiment d’être gentil. Certains flics sont comme ça.

C’est la série télévisée Urgences qui révélera Troy Evans (ici aux côtés de Mekhi Phifer, Scott Grimes, Linda Cardellini et Forest Whitaker) au public français.

Quel est votre meilleur souvenir sur le tournage de Halloween 5 ? Comment était Dominique Othenin-Girard, par rapport à d’autres réalisateurs que vous avez rencontré (comme Terry Gilliam ou Brian De Palma) ?

J’ai des souvenirs très sympas du tournage. Et de ma scène en particulier. Quand vint le moment de me jeter par la fenêtre, ils n’avaient pas engagé de doubleur pour cette cascade. J’ai donc dit au réalisateur que sauter par la lucarne du deuxième étage, une corde autour du cou, n’était pas le boulot pour lequel j’avais signé. Il m’a répondu : « Nous n’avons pas le budget. Et de toutes façons, où trouverions-nous un doubleur pour te remplacer ? ». Mais je ne me suis pas laissé démonter : je leur ai dit qu’ils devront alors se passer de cette scène. Il leur a fallu du coup moins de cinq minutes pour trouver un jeune assistant de production, un peu trapu, à qui ils ont coupé les cheveux et qu’ils ont envoyé baltinguer par la fenêtre ! Ce jeune a changé son nom au générique pour le pseudonyme Chance Marquez, et il travaille depuis en tant que cascadeur dans plusieurs films depuis de nombreuses années ! Quant à Dominique, c’était très plaisant de bosser avec lui. Il vit à Hong Kong actuellement. Nous sommes amis sur les réseaux sociaux. Et pour les autres réalisateurs que vous avez cité, Terry Gillam est une personne adorable. Sur les plateaux et en dehors. Un vrai génie. Et Brian De Palma, c’est un sociopathe.

Quel sentiment gardez-vous de cette expérience d’avoir partagé l’affiche avec un acteur légendaire de la trempe de Donald Pleasence ?

Une grande fierté. Je suis très heureux d’avoir eu des scènes avec Donald. Il était pro. Vraiment. Tout simplement un pro. Simple, direct, humble et qui fait son boulot avec implication. Toujours prêt.

Si vous étiez face à face avec Michael Myers, à nouveau, ici, maintenant, quelle serait votre réaction ?

Si je devais me retrouver face à face avec Myers, maintenant, je suppose que ce serait le signe que j’aurais perdu l’esprit et que je vais certainement finir dans un hôpital psychiatrique !

Malgré toute sa bonne volonté pour sauver la petite Jamie dans Halloween 5, l’officier Charlie n’échappera pas aux griffes de Michael Myers…

Hormis le tournage de The Frighteners (Fantômes contre fantômes) en Nouvelle-Zélande, quels autres pays avez-vous parcouru lors de votre carrière, et quels seraient ceux dans lesquels vous aimeriez vous rendre ?

Je n’ai travaillé que sur le sol américain, Etats-Unis et Canada, et en Nouvelle-Zélande et Bulgarie. La Nouvelle-Zélande est bien entendu ce que j’ai préféré. J’adorerais y retourner. J’aimerais aussi beaucoup travailler en Irlande. Et en France, ce serait un rêve qui deviendrait réalité.

De l’ensemble de votre carrière, quel est le partenaire avec lequel vous avez préféré joué ? Et, sans langue de bois, le pire avec lequel vous avez du partager l’affiche ?

J’ai joué dans un téléfilm avec Sam Elliott. Ça s’appelait Woman Undone [Sans alternative en VF, NDR]. C’est le partenaire avec lequel je travaillerais plus qu’avec quiconque. C’est un gars vraiment merveilleux. Dana Delany (Desperate HousewivesBody of Proof) est également formidable, généreuse, amusante, et excellente actrice. Noah Whyle d’Urgences est excellent aussi. Et sinon, sans en dire trop, soyez certain que jamais plus je ne jouerai aux côtés de Steven Seagal à nouveau !

Merci infiniment pour toutes ces réponses, Troy. Ainsi que pour votre gentillesse et votre honnêteté dans tout ce que vous avez choisi de nous révéler. Sachez que vous comptez parmi les personnes avec qui j’ai eu le plus de plaisir à échanger.

Ravi d’avoir contribué à cet échange. Plaisir partagé !

Un dernier mot pour les fans français qui vous lisent ?

À vous tous, fans de films américains et autres : I love you !

(propos recueillis, traduits et édités par ZeShape, octobre 2015 / janvier 2016)

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