Halloween Resurrection : le jour où John Carpenter est tombé sur le film

Il est celui par qui tout a commencé. Il est l’investigateur du slasher, le créateur de Michael Myers, celui qui lui a donné une existence (La nuit des masques), un statut, et même un but (Halloween II), voire une alternative (Halloween III). John Carpenter pensait très vite avoir fait le tour de Michael Myers, et après une impasse lors d’échanges sur l’avenir de la franchise avec le producteur exécutif Moustapha Akkad pour Halloween 4, il avait décidé de complètement laisser tomber. Approché par Jamie Lee Curtis et la production pour Halloween 20 ans après, puis consulté par Rob Zombie pour le remake en 2007, ce n’est qu’en 2018 que John Carpenter accepte de remettre un pied dans la machine en produisant un nouvel opus. S’il admet son désintérêt pour ce qui était advenu de Michael Myers avant, il a cependant admis lors d’une conversation avec Jason Blum (producteur actuel de la franchise) il y a quelques mois « être tombé » sur un opus de la saga et qu’il avait détesté. Explications.

« J’ai regardé celui dans la maison, avec toutes les caméras. Oh mon dieu. Oh Seigneur, mon dieu ! », lance-t-il sans retenue, ce qui donne une idée du spectacle. Halloween Resurrection (s’il était besoin de le nommer), réalisé en 2002 par Rick Rosenthal (pourtant metteur en scène de l’excellent deuxième épisode de 1981), est un peu le mal-aimé de la saga. Et pour cause, si les années ne l’ont pas aidé à se hisser plus haut dans l’estime des spectateurs, c’est pour ses nombreuses et incontestables faiblesses, tant dans le casting que dans le scénario (laissons de côté la réalisation, en demie teinte, piquée au vif par des délais un peu houleux durant la dernière partie de son tournage). Hormis la scène d’ouverture qui clôt la partie Laurie Strode, avec l’ultime retour de Jamie Lee Curtis regrettant elle-même sa collaboration forcée au métrage, l’histoire se concentre sur des jeunes envoyés en mission de téléréalité dans l’ancienne demeure de Michael Myers pour y déceler des indices sur ce qui l’aurait poussé à devenir un tueur en série. Ils tomberont sur le véritable croquemitaine, bien décidé à ne laisser aucune âme sortir vivante de son antre.

Dès sa sortie, le film est hué par la critique. Il ne recueille par exemple que 11% d’avis favorables sur le site Rotten Tomatoes (à ce jour, IMDb lui conserve un 4/10, tandis qu’allociné lui assène un 1,8/5 en moyenne spectateurs). La presse n’épargne pas Michael Myers, malgré une vaine tentative d’avoir intégré la saga dans les années 2000 avec le recours aux caméras miniatures et internet. Mais si le bas blesse, c’est à cause de séquences hallucinatoires qui aujourd’hui encore ne peuvent empêcher de nous faire nous demander ce qui est passé par la tête des scénaristes, voire de l’équipe de production toute entière. John Carpenter, dans cet échange au sujet de ce très houleux épisode, ne citera même pas l’affrontement au karaté de Busta Rhymes face à un Michael Myers (et un public) médusé(s), mais plutôt le final, durant lequel le personnage de Freddie Harris fanfaronne une allégorie du mal devant les journalistes. Un passage de très sinistre mémoire pour Carpenter : « Mon dieu, et ce gars qui prononce un discours sur la violence à la fin… Que s’est-il passé ? Oh mon dieu je n’arrivais pas à y croire ». Force est de reconnaître que passer des l’opus original à Halloween Resurrection est une expérience qui laisse des marques, surtout auprès d’une éminence qui a tant investi pour l’aura du personnage de Michael Myers, réduit ici à un bourreau d’ados idiots dans un métrage sans suspense ni réelle saveur.

(source : cineseries.com, TooFab, Rotten Tomatoes, IMDb, allociné)

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