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L'ANTHOLOGIE DE MICHAEL MYERS ET DE LA SAGA HALLOWEEN

ANALYSE MÉDIA : GOING TO PIECES (DVD)

Adapté du livre du même nom sorti en 2002 et signé Adam Rockoff (ici scénariste), Going to pieces : the rise and fall of the slasher film est une fine analyse d’un genre malmené par la critique et toujours encore considéré comme un sous-produit de la veine horrifique au cinéma. Le slasher a pourtant de nombreux chefs d’oeuvre à son palmarès, et surtout de grands succès publics dans les salles obscures. Plutôt que de traiter bêtement des grandes figures qui composent le slasher, ce documentaire réalisé par Jeff McQueen en 2006 analyse le potentiel, l’effet et les revenus générés par ces films.

Si Halloween lance la grande mode des slasher movies, le documentaire rend justice aux prédécesseurs qui ont conduit le cinéma d’horreur vers cette alternative. Psychose bien-sûr, mais aussi Le Voyeur et les giallos de la grande veine italienne des années 70. Pour illustrer ces inspirations plus ou moins assumées, un comparatif entre La Baie Sanglante et Vendredi 13 chapitre 2 saura exposer en quoi le slasher n’a finalement rien inventé. Mais la transposition des giallos italiens en slashers américains mettront également en lumière des talents de réalisation, et les interventions de John Carpenter (Halloween), Wes Craven (Les Griffes de la Nuit, Scream), Sean S. Cunnigham (Vendredi 13) ou encore Amy Holden Jones (Slumber Party Massacre) et Rob Zombie (The Devil’s Rejects, Halloween) sont en cela très intéressantes. Cunningham ne cache pas que l’annonce de la mise en chantier de Vendredi 13 s’était uniquement faite sur le succès colossal d’Halloween, et que le slogan « le film le plus terrifiant de tous les temps » avait l’opportunisme de ne couvrir aucune idée de scénario jusqu’à lors ! Amy Holden Jones combat quant à elle les accusations de sexisme auxquelles le slasher a du faire face dans les années 80 en assumant la réalisation d’un des films cumulant le plus de clichés dans le domaine : Slumber Party Massacre et son allégorie du tueur au gros engin face à un harem de poulettes en très petites tenues.

Un documentaire qui titre sa force dans les interventions des génies du genre…

Des interventions qui donnent aussi la parole à des réalisateurs, producteurs et maquilleurs plus discrets mais qui ont aussi marqué à leur manière les slasher movies. Tom Savini revient sur ses heures de gloire avec les effets visuels des Vendredi 13 ou de Carnage (The Burning), Paul Lynch reconnait l’avantage d’avoir eu Jamie Lee Curtis au casting du Bal de l’Horreur qui en plus met en avant un rouage très proche de ce que John Carpenter offrait comme traitement à l’actrice dans Halloween. Et puisque le slasher a surtout été un phénomène de société aux Etats-Unis, ne passons pas à côté des intentions ahurissantes à la mise en chantier de My Bloody Valentine (Meurtres à la St-Valentin) ou de la grande polémique de Silent Night Deadly Night (Douce Nuit Sanglante Nuit) qui conduisit la population puritaine à manifester contre la blasphème fait au Père Noël dans le film choc de Charles E. Sellier Jr. Les actrices Betsy Palmer (Vendredi 13) et Felissa Rose (Massacre au camp d’été) viendront quant à elles étoffer l’impact que leurs personnages a eu sur le genre phare des années 80. L’occasion aussi de rappeler les acteurs célèbres ayant démarré ou marqué les slasher movies : de Jamie Lee Curtis dans Halloween à Kevin Bacon dans Vendredi 13, en passant par Leslie Nielsen dans Le Bal de l’Horreur, Johnny Depp dans Les Griffes de la Nuit ou encore Renee Zellweger et Matthew McConaughey dans Massacre à la tronçonneuse 4 : la nouvelle génération.

Parce que c’est toujours un plaisir de revoir un visage familier à l’écran…

L’apogée du slasher movie dans les années 80 s’accompagne forcément d’une chute indéniable dans les années 90, pour renaître avec Scream et la vague du néo-slasher. Cette partie-là n’est pas aussi exploitée dans le documentaire, mais cite les grandes figures que sont Souviens-toi l’été dernier et Urban Legend, conduisant indéniablement au couvert graphique des années 2000 avec Saw et Hostel. La durée un peu réduite du documentaire (88 minutes seulement) ne saura pas rendre justice jusqu’au bout à l’excellent ouvrage d’origine, mais les images pêle-mêle des films cités, les archives relatant les succès au box office, les coupures de presse criant au scandale et les extraits d’interviews des intervenants font mouche et permettent à Going to Pieces de relancer indéniablement l’envie de revoir ces petites merveilles horrifiques si chères dans le cœur des fans.

GOING TO PIECES : THE RISE AND FALL OF THE SLASHER FILM
2006, USA, 1h28, RÉALISATION DE JEFF MCQUEEN

BONUS : BANDE ANNONCE, QUIZ EN 10 QUESTIONS, INTERVIEWS ADDITIONNELLES,
MESSAGE DE L’AUTEUR ADAM ROCKOFF, COMMENTAIRE DU RÉALISATEUR

DVD ZONE 1 OU TOUTE ZONE (VERSION ORIGINALE, SOUS-TITRES ANGLAIS OU ESPAGNOLS)

les + : une variété indéniable de films, des archives riches et percutantes, et des arguments sévères qui font honneur au genre
les – : victimes de leur vaste champ d’action, le documentaire (trop court) et ses bonus n’arrivent pas à la cheville du livre dont il s’inspire

Verdict : *****

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2 Commentaires

  1. Guillaume 11 février 2022

    Le Slasher est mort, longue vie au Slasher! Je vous conseille au passage le très bon livre « Slashers », qui est une sorte d’encyclopédie de ce sous-genre. Assez léger et peu précis, ce livre a le mérite d’être un des rares recueil en France (et en français) sur le sujet.

    • ze shape 28 février 2022 — Auteur d'un article

      Et comme la vie est bien faite, la critique du livre « Slashers : attention, ça va couper » est prévue en mars sur le site ! 😉

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